L’avenir de la géothermie

2010
13.01

Face aux énergies fossiles

Nous ne sommes pas encore sortis de l’ère de l’énergie fossile. Si le charbon a perdu du terrain depuis les “30 glorieuses”, notamment en Europe, le pétrole et le gaz vivent encore leur âge d’or. Les cours du Brent restent avantageux malgré plusieurs chocs pétroliers et les hausses sporadiques qui accompagnent les crises du Moyen-Orient. Ils gardent donc la faveur des consommateurs, d’autant plus que les circuits de distribution se sont consolidés et étendus, notamment pour le gaz.
Faudra-t-il attendre la raréfaction des ressources pour réagir et se tourner vers les énergies renouvelables ?

Ce ne serait pas faire preuve d’un esprit d’anticipation particulièrement novateur ! Car il ne s’agirait que d’anticiper de quelques années l’épuisement inéluctable des ressources, attendu dans les années 2020 à 2040.

Evolution de la concentration atmosphérique en CO²

Courbes d'évolution de la concentration atmosphérique en CO²

© BRGM, d’après GIEC

Depuis le début de l’ère industrielle, on assiste à une croissance régulière des consommations d’énergies fossiles – à l’origine même du “développement” exceptionnel qu’auront connu notre génération et celle de nos parents – au point d’aller jusqu’à l’épuisement de certaines d’entre elles (pétrole, gaz); entre 2010 et 2040, on passera le “pic” au-delà duquel la production sera amenée à baisser inexorablement (courbes noire, verte et rouge). Dans le même temps, le gaz carbonique émis par la combustion de ces énergies fossiles entraîne une augmentation des teneurs en gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Selon les efforts qui seront faits par les producteurs et les consommateurs pour réduire le taux de croissance de ces émissions, on parviendra ou non à stabiliser ces émissions à l’horizon 2040 (courbe bleue). Ces efforts sont d »autant plus nécessaires que l’augmentation des teneurs en gaz à effet de serre induit une augmentation des températures moyennes de l’atmosphère, source de perturbations diverses et notamment d’événements météorologiques extrêmes.

© BRGM – Installation géothermique pour le chauffage de la pisciculture
de Mios le Teich (Gironde) à partir d’anciens forages pétroliers

Mais si la fin de l’ère des énergies fossiles ne s’impose pas du fait de la clairvoyance des hommes quant à l’épuisement des ressources, elle s’impose désormais pour cause d’excès d’émissions atmosphériques. Les risques climatiques liés à l’augmentation de l’effet de serre sont tels que des mesures impératives de réduction de l’usage des énergies fossiles s’imposent. Dans les pays développés comme la France, il faudra diviser nos émissions par quatre en 2050. Ce qui implique de diminuer l’usage des combustibles fossiles – pétrole et gaz – en cherchant partout les secteurs où ils peuvent être remplacés.

La première conversion, évidente, se situe dans les applications de basse température, comme le chauffage des bâtiments et la production d’eau chaude sanitaire.

Dans ce domaine, les énergies renouvelables doivent désormais s’imposer pour la production de chaleur. La réglementation thermique dans la construction neuve met désormais bien en valeur l’apport de ces énergies. Et la géothermie plus que tout autre, cette énergie dont la fonction fut dès l’origine d’apporter la chaleur de la Terre aux humains.

Aujourd’hui bien maîtrisée, et porteuse de potentiels immenses, la géothermie devrait être appelée à jouer un rôle important dans la conversion de notre civilisation au développement durable.

Source : www.futura-sciences.com

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