Ecologie et paysages: éoliennes ou géothermie?
L’ÉCOLOGIE, l’environnement, qui est contre ? Personne, évidemment. Donc tous les hommes politiques veulent le label « écolo» : les Verts, propriétaires de la marque, mais qui s’en servent pour des causes homosexuelles ou de simple publicité personnelle; le caméléon Chirac, qui en parle beaucoup mais dont les gouvernements ne fait rien contre la pollution quotidienne (péage urbain, sur taxation des véhicules polluants: il y a eu des projets … tous abandonnés après un peu de bavardage) ; et les socialistes, soucieux de ne pas se laisser déborder par leurs encombrants alliés. Si bien que la seule mesure concrète qui ait été prise au cours des dernières années: « arrêté Cochet », du 18 juin 2001, booster électoral du gouvernement Jospin, a consisté à favoriser indécemment la plus anti-écologique des énergies « alternatives » : les éoliennes.
RENTABILITÉ ARTIFICIELLE, PAYSAGE HALLUCINANT, HACHOIR A OISEAUX
Cet arrêté oblige l’établissement public Electricité de France à acheter le courant produit par des éoliennes privées à un prix très supérieur à celui du marché (50 centimes de franc le kwh, prix fixé pour 20 ans !) Sous cet arrosoir de subventions, les engins se sont mis à fleurir, en France, partout où souffle le moindre zéphyr: il en existe déjà 200, par exemple sur les coteaux du Languedoc-Roussillon, et au début de 2004 on dénombrait 342 dossiers de permis de construire dans le seul Pas-de-Calais.
Entendons-nous bien: il ne s’agit pas ici du moulin d’Alphonse Daudet, ni des modestes éoliennes qui existent depuis des décennies dans nos prés pour alimenter l’abreuvoir des vaches, et dont certaines sont des chefs-d’œuvre de ferronnerie, mais de machines de 100 à 150 mètres de haut, pesant dans les 300 tonnes! Même une éolienne pour maison particulière, si l’on veut produire de l’énergie un peu significative, doit avoir une trentaine de mètres de haut; c’est une catastrophe pour les paysages (malgré une directive interministérielle du 10/09/03 qui affirme la volonté de « concilier le développement nécessaire » – ‘nécessaire’vraiment ?- « de la filière aérienne et la protection de l’environnement »)
C’en est une aussi pour la faune: les écolos se gardent de le dire, mais ces engins aux pales gigantesques tournant à 1 500 tours/minute sont de véritables hachoirs à oiseaux. Et ne parlons pas du bruit, des parasites dans la transmission des ondes hertziennes, de l’obstacle au passage des bombardiers d’eau en cas d’incendie, etc.
Et l’énergie produite ? Pour qu’une éolienne tourne, il faut du vent, et le vent ne souffle pas tout le temps, alors que les consommateurs ont besoin d’une électricité qui ne fasse pas grève. Résultat: il faut qu’une centrale au fuel, sinon au charbon, soit là pour prendre le relais du vent défaillant. En admettant que le vent souffle à vitesse suffisante pendant la moitié du temps, ce qui est une moyenne optimiste, cela veut dire qu’il faudra, en contrepartie de chaque kw éolien, demander 1 kw à un réacteur thermique, donc émettant des gaz à effet de serre (car on ne peut pas allumer puis éteindre, à chaque saute de vent, un réacteur nucléaire non polluant). Le bénéfice écologique est donc maigre.
LES ALTERNATIVES A L» ’ALTERNATIVE ÉOLIENNE»
Les contrées protestantes sont-elles prédestinées à s’engouffrer dans l’utopie peinte aux couleurs du « naturel» ? En Allemagne, les plaines de Saxe et les côtes de la mer du Nord se sont couvertes d’éoliennes: plus de 10 000 dans le pays, soit une puissance (mais pas forcément une production !) de 10 000 mégawatts. Résultat: le Spiegel du 29/3/04 a pu écrire que cette implantation massive est « le plus grand désastre qui ait frappé le pays depuis la guerre de Trente Ans ». Exagération journalistique, certes,entre temps, il y a tout de même eu 1945 ! – mais le Danemark, qui a poussé l’éolisme à ses extrêmes conséquences -15 % de son électricité est éolienne – détient aussi le record d’Europe de l’émission de gaz à effet de serre par habitant; de plus, cerise sur le gâteau, l’électricité y coûte trois fois et demie plus cher qu’en France(l).
Or, si l’on veut, et c’est raisonnable, développer les énergies naturelles non polluantes (sans se dissimuler qu’elles ont leurs limites), il y en a d’autres à proposer. L’énergie solaire, d’abord. Certes, le soleil, comme le vent, est intermittent, et son exploitation exige de couvrir les toits de panneaux spéciaux ; mais sous un climat favorable il peut fournir en eau chaude une maison individuelle, amortissant l’installation en quelques années. Cependant, il est évidemment impropre à l’habitat collectif, sauf à remplacer nos champs et prairies par des kilomètres carrés de panneaux solaires …
La ressource « alternative» la plus intéressante paraît donc être la géothermie, capable, elle, de chauffer aussi des maisons individuelles (au prix d’un assez lourd investissement), mais surtout avantageuse pour les logements collectifs, car en forant plus profond, ce qui coûte plus cher, on atteint des rendements spectaculaires. Le principe est d’exploiter la chaleur du sous-sol, soit en pompant puis renvoyant l’eau chaude souterraine, soit en faisant circuler en profondeur un fluide « caloporteur» comme dans les serpentins d’un frigidaire. Dans les deux cas, évidemment, il Y a dépense d’électricité pour les pompes, mais sans comparaison possible avec celle des éoliennes; pour 1 kw consommé par la « pompe à chaleur », le système en produit 3 ou 4. Ce système équipe en France quelque 200 000 logements, plus des bureaux, centres commerciaux etc. ; un projet plus ambitieux, avec forages hyper-profonds, est en cours en Alsace (2).
DU VENT!
Alors, pourquoi parle-t-on si peu de la géothermie, qui est discrète et non polluante, et pourquoi, au contraire, nos gouvernements – l’actuel n’ayant rien à envier à celui de Jospin: Nicole Fontaine, alors ministre de l’Industrie, n’annonçait-elle pas, au début de cette année, 3 000 éoliennes de plus d’ici 2010 ? ¬ poussent-ils de toutes leurs forces au « tout-éolien» ? Il n’y a qu’une explication : parce que l’éolien, justement, ça se voit (hélas), de sorte que l’électeur moyen, qui ne regarde pas plus loin que le bout de son nez, s’écrie: « Tout de même, on ne peut pas dire que le gouvernement ne fait rien pour l’écologie! ». C’est comme ça que marche notre démocratie : avec du vent.
Laurent COLLIGNON
Source : lyon.novopress.info
(1) Dominé par le fanatisme pseudo-écolo et tiers-mondiste, le Danemark est aussi en tête pour jeter son argent dans le gouffre sans fond de 1′« aide au développement » des pays qui ne cherchent pas à se développer: 0,96 % de son P.I.B. ! (chiffre de 2002).
(2) Ample documentation dans la revue Sites & monuments, n° 186 (39 av. de la Motte-Picquet, 75007 Paris) – ainsi que sur les nombreux sites Internet consacrés aux énergies « alternatives» .