Les Français se convertissent au chauffage propre
Géothermie, photovoltaïque, pompes à chaleur ou encore chauffage au bois : les modes de chauffage verts ont le vent en poupe pour les nouvelles maisons. Même s’ils restent marginaux dans les habitations existantes.
Maison en bois, pompe à chaleur, cheminée d’appoint. Il ne manque plus que la voiture électrique à Marguerite Bouvier pour remplir toutes les cases du Grenelle de l »Environnement. Un an après son déménagement à Méré, dans les Yvelines, cette ex-Parisienne ne regrette pas ses choix. « Notre facture énergétique est la même pour 200 m2 aujourd’hui que pour notre ancien appartement parisien de 70 m 2, qui était chauffé au gaz », raconte cette créatrice.
Si le gaz, l’électricité et le fioul restent dominants dans les foyers, les Français vont vers des modes de chauffage plus propres. Selon les derniers chiffres du ministère de l’Ecologie et de l’Energie, près d’un tiers des particuliers ayant reçu l’autorisation de construire une maison individuelle en 2007 ont opté pour un chauffage utilisant des énergies renouvelables : géothermie, photovoltaïque, pompes à chaleur, chauffage au bois.
Depuis, l’engouement s’est confirmé. Les ventes de pompes à chaleur, qui prennent les calories dans l’air, ont explosé, passant de 51.000 à 133.000 entre 2007 et 2008. Cette année, le marché devrait retomber à quelque 80.000 machines. « C »est le résultat d »un phénomène de déstockage, mais aussi le signe que le marché devient mature »,estime David Bonnet, vice-président du syndicat professionnel Afpac et directeur commercial de Technibel France.
Quant au bois, il poursuit sa renaissance. Cette année, il devrait se vendre environ 500.000 appareils de chauffage au bois (cheminée, insert, poêle, chaudière), soit autant que l’année dernière et 200.000 de plus qu’en 2004, selon le Syndicat des énergies renouvelables. « Le chauffage plaisir a cédé la place à un mode de chauffage à part entière, économique, performant et propre »,explique Frédéric Coirier, président de Poujoulat, le spécialiste des conduits de cheminée.

Avantage économique du gaz
Ces chauffages bénéficient d’aides fiscales importantes. Mais ces secteurs arrivant à maturité, elles diminuent. Dans le cadre de la loi de Finances 2010, le crédit d’impôts pour les pompes à chaleur doit être ramené de 40 % à 25 %. Pour un investissement de 8.000 à 24.000 euros selon le modèle, ça compte. Idem pour le poêle à bois, qui peut coûter de 500 à 10.000 euros.
Jusqu’à présent, ce développement n’a pas trop gêné les affaires d’EDF. L’électricité reste un mode de chauffage très apprécié en France. Près d’un tiers des foyers en sont équipés et, en 2007, près de la moitié des nouveaux propriétaires de maisons individuelles ont encore fait ce choix. La campagne « Vivrélec », lancée par EDF il y a plus de dix ans pour promouvoir le chauffage électrique en France, porte encore ses fruits.
Le gaz, l’énergie leader du marché, joue de son côté sur son avantage économique pour défendre sa position, comme le fioul. « La taxe carbone aura un impact, mais se chauffer au gaz restera moins cher,explique Henri Ducré, en charge de la branche Energie France chez GDF Suez. Pour une maison individuelle existante de 110 m2, avoir le chauffage et l’eau chaude au gaz revient à environ 1.000 euros TTC par an, contre environ 1.500 euros TTC pour l’électricité. »
Pour Greenpeace, l’électron ne vaut guère mieux que le gaz. Se fondant sur les travaux du bureau d’étude ICE, l’organisation écologique estime que le contenu moyen en dioxyde de carbone du chauffage électrique en France s’élève à 226 grammes de CO2/kilowattheure, contre 205 g pour le chauffage au gaz. Pourquoi ? Parce qu »il fait appel à des moyens de production fortement émetteurs de gaz à effet de serre, comme le charbon, pour répondre aux besoins de pointe en hiver. Pour Emilie Johann, de Greenpeace, il faut privilégier l’isolation et l’efficacité énergétique.
Source : lesechos.fr